Les architectes de l’entre-deux-guerres privilégient des matériaux industriels pour répondre aux exigences d’hygiène et de durabilité. Dès 1930, une réglementation sanitaire impose des surfaces faciles à nettoyer dans les habitations collectives.
Le terrazzo, autrefois réservé aux espaces publics, s’introduit dans la sphère domestique, tandis que le linoléum, popularisé par sa simplicité d’entretien, devient un standard dans les intérieurs urbains. Ces choix techniques découlent directement des avancées industrielles et des contraintes économiques de l’époque.
Les sols des années 1930 : entre innovation et élégance
Dans les intérieurs de cette décennie, le carrelage vintage occupe le devant de la scène. Les architectes, influencés par le style art déco et la soif de nouveauté, osent des revêtements de sol qui marient rigueur géométrique et couleurs raffinées. Les carreaux de ciment investissent halls, couloirs et cuisines, multipliant les motifs répétitifs et graphiques. Les nuances dominantes ? Noir, blanc, gris, bleu : une palette restreinte mais suffisamment expressive pour structurer les pièces sans jamais les alourdir.
Plus discrets, les carreaux de céramique et de faïence s’imposent dans salles de bains et cuisines. Leur surface émaillée, brillante et simple à entretenir, séduit par sa résistance et son éclat. On croise aussi bien le petit format classique que la mosaïque plus fine, chaque choix reflétant un certain goût du détail et de la technique. Les carreaux de grès émaillé ou de terre cuite habillent, pour leur part, patios et jardins d’hiver, apportant cette chaleur minérale recherchée dans les espaces de transition.
L’art nouveau s’estompe peu à peu, laissant place à l’art déco et à une vision plus rationnelle de l’esthétique. Les éléments décoratifs adoptent des lignes franches, la couleur s’affiche en touches calculées, et les motifs géométriques dictent le rythme. Entre héritage artisanal et modernité industrielle, les sols des années 1930 révèlent une personnalité forte, signature incontestable de cette période de bascule dans l’histoire du design intérieur.
Pourquoi le terrazzo et le linoléum ont marqué cette décennie ?
Dans les années 1930, la volonté de conjuguer praticité et innovation s’affirme jusque dans le choix des matériaux sous nos pieds. Le terrazzo, mélange de fragments de marbre, de quartz ou de verre liés par du ciment, fait sensation auprès des architectes et des décorateurs. Il s’invite dans les halls d’immeubles, les cages d’escalier, parfois même dans les pièces d’eau. Sa surface, ponctuée d’inclusions colorées, combine résistance à l’usure et liberté créative, tant sur les motifs que sur les teintes. Un matériau à la fois solide et expressif, parfaitement aligné avec la modernité du début du xxe siècle.
Le linoléum transforme le quotidien. Fabriqué à partir d’huile de lin, de poudre de liège et de pigments naturels, il offre souplesse et confort à chaque pas. Son arrivée dans les cuisines et salles de bains marque une véritable évolution des revêtements de sol. Facile à installer, à nettoyer, il s’impose rapidement comme un choix de prédilection dans les espaces où l’hygiène et la simplicité d’entretien priment.
À travers le terrazzo et le linoléum, esthétique et technicité se rejoignent. Leur popularité, dans les années 1930, vient de leur aptitude à accompagner de nouveaux usages domestiques sans sacrifier le caractère des intérieurs. Le terrazzo, avec son aspect graphique, plaît à ceux qui veulent donner du style à leur espace. Le linoléum, avec ses couleurs unies ou discrètement marbrées, convainc par sa sobriété et sa modernité.
Terrazzo et linoléum : atouts, limites et secrets de fabrication
Terrazzo : un maître du motif et de la résistance
Le terrazzo s’impose par sa polyvalence. Constitués de fragments de marbre ou de pierre naturelle liés au ciment, puis minutieusement polis, les sols en terrazzo trouvent leur place aussi bien dans les appartements bourgeois que dans les lieux publics. Sa palette de couleurs et ses motifs permettent des compositions audacieuses, fidèles à l’esprit art déco. Selon la finition, brillante ou mate, les inclusions minérales révèlent toute leur richesse. Ce revêtement se distingue par une résistance hors pair à l’usure et aux chocs, mais il exige une mise en œuvre rigoureuse, notamment lors du ponçage, pour un résultat uniforme et lumineux.
Voici les points forts et les points faibles de ce matériau composite :
- Atouts : robustesse, personnalisation, longévité
- Limites : pose technique, poids conséquent, sensibilité à la porosité
Linoléum : souplesse et naturel
Le linoléum, élaboré à partir d’huile de lin, de poudre de liège, de résines et de pigments, séduit par la chaleur et la souplesse qu’il procure. Ce revêtement de sol absorbe les bruits, tolère l’humidité, et propose une gamme de couleurs allant du gris perle aux tons plus profonds. Sa pose, relativement simple, attire architectes et designers attentifs à la notion d’hygiène et de modernité. Néanmoins, la porosité du linoléum impose un entretien attentif pour éviter les marques et l’usure prématurée.
| Atouts | Souplesse, isolation phonique, palette colorée |
| Limites | Sensibilité aux tâches, entretien régulier, risque d’usure en zones de passage |
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Un foisonnement de carreaux et de matières
Au-delà du terrazzo et du linoléum, d’autres revêtements de sol des années 1930 ont laissé leur empreinte. Les carreaux de céramique gagnent du terrain dans les vestibules et les cuisines. Leur surface émaillée, simple à nettoyer, propose des motifs géométriques qui puisent dans le style art déco. Carrés, hexagones, losanges : chaque forme affirme cette recherche d’élégance graphique et de fonctionnalité. Les couleurs oscillent du gris perle aux verts profonds, tandis que l’éclat des émaux capte l’attention.
Les carreaux de grès émaillé se retrouvent dans les zones à fort passage, appréciés pour leur solidité face aux chocs et à l’humidité, d’où leur utilisation en salle de bains ou à l’entrée. Plus bruts, les carreaux de terre cuite réchauffent les ambiances grâce à leur aspect minéral et artisanal, une caractéristique très présente dans la première moitié du XXe siècle.
Voici quelques exemples de carreaux emblématiques de cette période :
- Carreaux de mosaïque : idéals pour les motifs sophistiqués et les frises décoratives.
- Carreaux non émaillés : moins communs, ils séduisent par leur aspect mat et naturel.
La mosaïque occupe une place de choix dans les halls d’immeubles et les vestibules. De minuscules tesselles, patiemment assemblées, donnent vie à des compositions colorées qui sont de véritables signatures dans la décoration intérieure des années 1930. Le choix des types de carreaux dépend autant des contraintes de pose que de l’effet recherché : géométrie stricte ou inspiration végétale, teintes sourdes ou nuances éclatantes.
L’entretien et la restauration de ces sols anciens réclament des soins adaptés, en phase avec la nature du matériau. Nettoyage doux, produits spécifiques, joints respectés : c’est cette vigilance régulière qui prolonge la vie d’un carrelage vintage ou d’une mosaïque, et permet de transmettre, génération après génération, un héritage décoratif singulier.


